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Constat

LE GUÉPARD EST UN FÉLIN SPÉCIALISÉ QUI SE NOURRIT EXCLUSIVEMENT DE PROIES VIVANTES, PRINCIPALEMENT DES PETITES GAZELLES ET ANTILOPES. CES PROIES SE RARÉFIENT DANS LES ZONES OÙ VIVENT LES ÉLEVEURS.

Le guépard, autrefois erratique sur des territoires sans fin, n'a d'autres alternatives que de les chasser désormais à l'intérieur même de la portion congrue de la réserve... et se retrouve alors en compétition directe avec des concurrents sérieux ! Très souvent, les grands prédateurs africains, lions, léopards et hyènes surtout, chapardent son repas.


Le guépard, ne pouvant prendre le risque d'une blessure lors d'un combat perdu d'avance qui l'affaiblirait et l'empêcherait de capturer des proies, le condamnant à une mort certaine, abandonne très vite le fruit de sa chasse à ses rivaux opportunistes. Pour enfoncer le clou, les femelles, solitaires, hors de toute organisation sociale, élèvent seules leur progéniture. Leurs petits se perdent ou sont souvent dénichés et tués par des prédateurs comme les lions, hyènes, chacals, babouins ou pythons, parfois même des chiens errants. Une seule portée, de six petits généralement, peut être ainsi anéantie en quelques instants !


Les raisons du déclin du guépard sont complexes et les causes multiples : il serait hasardeux d'essayer de les préciser toutes avec certitude. Cependant, avec 25 années d'observation et d'expérience sur le terrain, nous pouvons affirmer ceci :

  • les jeunes guépardeaux subissent une mortalité (ou disparition) importante et alarmante, sans commune mesure et très en deçà des chiffres nécessaires à la survie de l'espèce.
  • autrefois très étendue, la réserve est désormais réduite à une faible superficie, 1500 km², où se concentre l'essentiel de la grande faune.
  • la pression et les activités humaines se sont considérablement accrues autour et à l'intérieur même de la réserve.
  • l'intrusion de très nombreux et toujours plus importants troupeaux domestiques dans la réserve, de jour comme de nuit, est un facteur important de perturbation.
  • le guépard est une espèce à la biologie fragile : elle ne peut rivaliser avec des espèces plus puissantes.
  • le dérangement par certains acteurs du tourisme peu scrupuleux est un facteur de perturbation.
  • l'écosystème de bush arbustif ancestral du Maasaï-Mara s'est transformé à la suite de décennies de brûlis sans contrôle en de vastes étendues de plaines herbeuses : la végétation arbustive, nécessaire pour cacher et protéger les portées de guépard s'est considérablement réduite.
  • le nombre anormalement élevé de hyènes tachetées, prédateurs des très jeunes guépardeaux et compétiteurs du guépard (vol des proies capturées) est un facteur d'affaiblissement de l'espèce.
  • des portées de guépardeaux "disparaîssent" parfois une nuit, sans qu'aucune trace de prédation naturelle apparente ne soit mise en évidence... (vol, trafic probable des jeunes !)